Le Clitoris

Beaucoup de femmes reprochent aux hommes de ne pas savoir s’occuper correctement de leur clitoris, et de le caresser uniquement pour augmenter leur excitation, avant pénétration, alors qu’elles aimeraient assez souvent que ces caresses les conduisent à l’orgasme, ce que beaucoup d’hommes ne savent pas faire.

En effet, les statistiques ne sont pas en faveur des hommes : 90 à 95 % des femmes arrivent, seules, à se donner un orgasme par stimulation clitoridienne, alors que 40 à 45 % des hommes, seulement, parviennent à faire jouir leur partenaire par caresses.

À méditer ! Une explication peut-être : l'égoïsme masculin veut que sa partenaire ne jouisse que de son seul sexe tout-puissant, et il a du mal à accepter que la femme puisse avoir du plaisir sans sa pénétration !

Le clitoris quelques rappels d'anatomie

Le clitoris fait partie de ce que l’on appelle la vulve, qui est constituée par une dépression centrale, où s’ouvrent le vagin et le méat urinaire (par où sort l’urine). De chaque coté, cette dépression est limitée par deux replis cutanés, les petites lèvres en dedans, et les grandes lèvres en dehors. En avant de la vulve (si la femme est debout) ou en haut (si la femme est couchée sur le dos) se trouve le clitoris. Seul le gland du clitoris est visible. Il a la taille d’une petite groseille.

Comme le montre cette image le clitoris ne se limite pas à sa partie visible !

La face externe des grandes lèvres est recouverte d'un tissu cutané corné recouvert de poils. La face interne des grandes lèvres, ainsi que les faces externes et internes des petites lèvres, sont dépourvues de poil et recouvertes d'une muqueuse très vascularisée et très innervée, ce qui caractérise une zone érogène.

Pour voir et toucher le clitoris, il faut que la femme ait les cuisses légèrement ouvertes. Il faut écarter les grandes puis les petites lèvres, et remonter entre les petites lèvres, car il se trouve à l'union de ces petites lèvres sous un capuchon qu'il faudra délicatement découvrir. Au doigt, le clitoris est perçu comme un petit renflement.

L’anatomie du clitoris est très semblable à celle de la verge : il est constitué de deux corps caverneux (érectiles), d’un gland, d’un frein et d’un capuchon. Le gland, en particulier, est très innervé, très vascularisé, et contient de nombreux récepteurs du plaisir, ce qui caractérise une zone très érogène.

La vulve et le clitoris, comme la verge de l’homme, se gonflent de sang lors de l’excitation. Contrairement à la verge, le clitoris n’est pas parcouru par un canal urinaire (l’urètre), et la différenciation sexuelle en a fait un organe plus petit car il n’a pas vocation à pénétration. Mais c’est un organe à part entière, qui n’est pas, péjorativement, une verge atrophiée, comme le disent trop souvent les hommes, même si son anatomie lui ressemble ! La ressemblance n’est d’ailleurs qu’anatomique car sa sensibilité est presque à l’opposée de celle du sexe masculin.

Le clitoris et les caresses des hommes!

Pour bien caresser le clitoris, il faut savoir quels sont les reproches que les femmes font à leurs partenaires masculins :

- Il se dirige trop vite vers le clitoris, sans approche préalable.

- Il ne me caresse pas, il me frotte et m’irrite.

- Il appuie trop fort sur le clitoris.

- Il ne trouve pas le bon rythme, et ses caresses sont, dés le début, trop rapides.

- Il change trop souvent de rythme dans ses caresses.

- Il ne m'excite pas assez longtemps et voudrait que je jouisse tout de suite.

En fait, beaucoup d'hommes caressent le clitoris de leur partenaire de la même façon qu'ils se masturberaient, c'est-à-dire avec force, fermeté et rapidité. Les femmes aiment l'inverse : douceur, nuance, délicatesse, et pas de précipitation.

Le clitoris, contrairement à la verge de l'homme, est un organe très sensible, qui a horreur qu'on le touche avant d'avoir abordé ses extérieurs, et sans avoir déjà déclenché un début d'excitation sexuelle. Évitez donc les attaques brutales, manuelles ou buccales, au niveau clitoridien, sans avoir déjà excité votre partenaire par des caresses plus diffuses et généralisées. N'oubliez pas qu'il faut toujours commencer par la périphérie des zones érogènes, avant d'aller progressivement vers celles-ci. Pas de caresse vulvaire sans des caresses très générales au préalable, et pas de caresse clitoridienne avant des caresses vulvaires.

Le clitoris comment le caresser?

Le médius et l'index sont les doigts préférés pour les caresses clitoridiennes. Vos doigts, humectés par votre salive en guise de lubrifiant, se promèneront donc d'abord autour de la vulve, puis progresseront dans le sillon entre les grandes et petites lèvres, puis autour de l'entrée du vagin. Les caresses seront douces, pas trop appuyées pour ne pas frotter, et vous resterez attentif aux manifestations de plaisir ou de déplaisir de votre partenaire.

Après quelques minutes passées autour du fameux clitoris, et quand votre partenaire aura une excitation suffisante, vous pourrez effleurer ce joyau féminin.

Les zones les plus sensibles du clitoris sont généralement le gland et le frein du clitoris, qui se trouve sous le gland. Mais ce peut être aussi le capuchon qui recouvre le gland.

Le gland du clitoris étant très sensible, il vaut mieux le caresser à travers son capuchon, ou entre les petites lèvres, car le contact trop direct peut être parfois désagréable. Les caresses doivent se faire sur une surface assez large, et non ponctuelle, pour éviter d’appuyer trop fort ou de frotter.

Toujours commencer par des caresses très douces, à rythme lent, avant d'accentuer la pression ou d’augmenter le rythme de vos caresses.

Le mouvement le plus apprécié des femmes est, en général, un mouvement circulaire autour du clitoris, ou un mouvement de va-et-vient de haut en bas, dans l'axe de la vulve.

Le rythme des caresses doit être constant, sans à-coup et sans arrêt, donc ne pas changer de main ou de doigt durant les caresses. Ce rythme sera accentué au fur et à mesure que la femme se rapprochera de l'orgasme.

Un peu avant l’orgasme, le clitoris se rétracte sous le capuchon, et n’est souvent plus perceptible sous le doigt, mais il faut quand même continuer vos caresses au même endroit, au même rythme, et ne pas partir à la recherche du gland, pour ne pas rompre le tempo qui va mener votre partenaire à l’orgasme

Lors de l’orgasme, il faut également continuer de caresser le clitoris de votre partenaire, même si elle resserre les cuisses. Vous n’arrêterez qu’à sa demande express.

Pour les caresses avec la langue, le principe est le même, mais la caresse peut se faire plus directement sur le gland car le contact est plus doux qu'avec les doigts. Il faut embrasser la vulve comme vous embrasseriez la bouche de votre partenaire, promener vos lèvres sur les lèvres de votre partenaire, passer votre langue sur toute la vulve, et sucer entre vos lèvres les lèvres de votre partenaire. La pointe de la langue peut se faufiler, elle aussi, dans le sillon entre les petites et grandes lèvres, ainsi qu'à l'entrée du vagin. Vous pourrez aussi faire quelques échappées en dehors de la vulve, en bas vers l’anus ou plus haut vers le mont de Vénus.

N’oubliez pas aussi de vous servir de votre, ou de vos mains libres, pour des caresses complémentaires, sur d’autres parties du corps, ce qui amplifiera encore le plaisir de votre partenaire.

Enfin sachez que, chaque femme étant différente, vous aurez toujours intérêt à vous laisser guider par votre partenaire, qui vous indiquera les nuances qu'elle aime, au niveau du clitoris : plus doux, plus fort, plus vite, plus haut, plus bas etc. Au début, vous pouvez aussi laisser guider votre main par la sienne.

Pour terminer, rappelons que l’orgasme, dont le point de départ est le clitoris, est tout aussi fort, intense et agréable, que l’orgasme à point de départ vaginal. Ce n’est pas un « sous orgasme » contrairement aux dires des psychanalystes du début du siècle. Ils sont tous les deux légèrement différents, ou même parfois confondus, mais l’un n’est pas « mieux » que l’autre, chaque femme ayant ses préférences.

Docteur Michel Serre : Sexologue

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